Le Réseau Johnny.

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Le Réseau Johnny.

Message  Vini le Mar 10 Fév - 15:13

La Mayenne à eut de nombreux réseaux de résistance, voici un texte relatant l'histoire du réseau JOHNNY

"RESEAU JOHNNY MAYENNE

La physionomie de ce département, son relief bocager, son caractère rural, ses villes d'importance moyenne donneront un caractère spécifique à la lutte clandestine contre un occupant présent localement.
En Mayenne, comme ailleurs, avant d'être une organisation structurée, la Résistance fut d'abord l'état d'esprit de rares patriotes qui refusaient obstinément la fatalité de la défaite de nos armées et la présence du soldat allemand, ennemi héréditaire, sur notre sol.
Les premières manifestations d'hostilité furent des actes individuels :ainsi furent récupérées puis cachées les armes et les munitions abandonnées au cours de la débâcle de juin.
ainsi furent mises en place les bases des filières qui allaient permettre en quelques mois l'évasion de plusieurs centaines de prisonniers de guerre incarcérés à la caserne MEYRAN de Mayenne, à Evron et à Laval (Grand séminaire, caserne Corbineau) en attendant leur transfert vers les stalags d'Allemagne.
Comme partout en zone occupée, l'esprit de résistance commence à naître et à s'exprimer par des actes isolés : affiches de propagande allemandes lacérées, distribution des nouvelles de la BBC, fabrication des croix de Lorraine, inscriptions hostiles à l'occupant sur les murs, les routes.
Dans le secret de l'ombre, jour après jour, se nouent les premiers contacts de l'indignation et de la révolte. C'est au cours de l'année 1941 qu'apparaissent dans la Mayenne les embryons d'une résistance organisée. Les premiers noyaux isolés, d'abord indépendants vont s'intégrer progressivement dans des réseaux et des mouvements.
Le renseignement est l'activité principale des réseaux car les Alliés et la France libre veulent tout savoir : surtout l'implantation et l'identification des unités allemandes.
Ces réseaux permettent ainsi de récupérer et de ramener à Londres les équipages des avions alliés abattus et de faire acheminer vers l'Angleterre les volontaires qui désirent servir dans les F.F.L. (exemple : Docteur Janvier à Bais avec le réseau Navarre et le groupe Foccart d'Ambrières).
A ces réseaux et filières dont l'ampleur de l'action est aujourd'hui peu connue, s'ajoutent bientôt les mouvements de résistance qui entendent bien, le jour venu, prendre les armes pour contribuer à la libération du sol national. Ce sont :LIBÉRATION - NORD d'inspiration syndicale et socialiste qui voit le jour en 1943 à Laval et qui fusionne avec les INDÉPENDANTS de la MAYENNE.
le F.N. (Front national) qui rassemble dans notre département les patriotes les plus divers et dont l'origine de la formation est due fin 1941 à Le Personnic, instituteur aux Chapelles.

L'année 1943 marque un tournant avec le S.T.O. Il y a plus de réfractaires et beaucoup de jeunes se dispersent dans de nombreux abris naturels du département constituant des maquis en puissance surtout dans le nord. Ces groupes armés se rattachent à l'un des trois grands mouvements cités précédemment. Leurs chefs, à l'époque, repèrent et font homologuer les terrains de parachutage, ce qui permet, pour la suite, de ventiler d'importants tonnages d'armes, de munitions et de matériel, dans une grande partie de l'Ouest de la France.
Le 6 juin, de par sa situation géographique et son caractère accidenté et bocager, le Nord-Mayenne revêt une importance stratégique : les F.F.I. vont pouvoir, dès le débarquement, participer à l'exécution du plan vert établi par Londres. Celui-ci consiste à désorganiser l'ennemi par tous les moyens et à démoraliser les troupes allemandes.
En dépit des arrestations, du démantèlement de certains réseaux et des actes de représailles de la Wehrmacht et des S.S. (exemple : à Fougerolles du Plessis), la résistance mayennaise enregistre des succès incontestables : sabotages des lignes téléphoniques et des voies ferrées, incendies de dépôts d'essence et de matériel, minages des routes, harcèlements et attaques de convois allemands, recherche des traînards ennemis ...
Les actions de ces groupes armés sont répertoriés sur la carte de la résistance élaborée en 1971 par Francis Robin, alors correspondant départemental du comité d'histoire de la seconde guerre mondiale (et aussi professeur retraité du cours complémentaire de garçons qui deviendra plus tard le collège Fernand Puech).
Un tel bilan fut payé d'un douloureux tribut d'arrestations, de tortures, d'exécutions, de déportations. A l'issue de la guerre, on compta dans le département pour faits de résistance ou autres 499 arrestations (dont 286 déportations, 108 internés et 105 fusillés).
La Mayenne avait tenu sa place. Et là non plus, la flamme de la résistance ne s'était pas éteinte par le fait de ceux qui eurent le courage de s'insurger contre l'occupant et ses complices, pour redonner à tout homme sa dignité et pour conserver l'indépendance de la patrie, la défense des idéaux de Liberté, d'Égalité et de Fraternité. "

Source: inconnu papier trouvé dans mon bureau !! aucun souvenir.

Cordialement.

Vini

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